Colloque "Quel avenir pour la filière des plantes médicinales en France"

Publié le par Nunkui Biodiversité


27 septembre 2007
Université des sciences (UM2) de Montpellier
organisé par des étudiants du Master IEGB*

Problématique

Actuellement, la médecine par les plantes connaît une période charnière. D’un côté portée par un regain sociétal de plus en plus important, cette médecine par les plantes fait cependant face à des difficultés multiples qui freinent son essor.

La disparition du diplôme d’herboriste depuis 1945 ainsi que l’impossibilité pour les producteurs-cueilleurs, détenteurs d’un savoir, de commercialiser librement leurs produits et le nombre restreint de plantes libérées en France (seulement 34 actuellement) en sont quelques exemples. La législation actuelle représente à elle seule une entrave importante. Ayant pour projet d’élargir le nombre de plantes médicinales libérées, elle n’en autorise pas pour autant la délivrance avec une formation thérapeutique, attribution réservée aux personnels de santé publique. De plus, de nombreux problèmes de conservation se posent, notamment pour les savoirs et les savoir-faire associés aux plantes médicinales. En effet, la filière est confrontée depuis plusieurs années à une érosion de ces savoirs ancestraux, trop peu de travaux visant à les réunir et les sauvegarder ayant lieu.

Pourtant, à l’opposé, on assiste à un regain sociétal (regain populaire) pour cette médecine ; l’allopathie ayant montré certaines limites, de plus en plus de personnes remettent en cause le système de soin dominant et se tournent vers ces médecines dites « parallèles », « complémentaires ». Le manque de reconnaissance de ces savoirs par les autorités publiques, des pratiques médicales associées et de leur transmission pour améliorer la santé publique est au cœur des préoccupations autour de cette filière.

Depuis plusieurs années des groupes de réflexion**, réunissant scientifiques et acteurs de la filière, se sont réunis pour discuter des différents enjeux et problèmes sociétaux autour de l’éthique, de l’usage et des réglementations autour des plantes médicinales. La situation est complexe car divers registres et domaines concernés interagissent (droits, processus de normalisation, enjeux économiques et cognitifs, représentations de la santé et des modes de soins en occident). Il est dès lors assez difficile de distinguer sur quels plans il faudrait agir.

Les préoccupations en terme de santé publique sont actuellement des questions qui intéressent une majorité de la société et qui occupent une dimension pluridisciplinaire. Les questions concernant l’avenir pour la filière des plantes médicinales en France sont donc aujourd’hui cruciales et revêtent un enjeu majeur pour notre société.


*Ingénierie en Ecologie et Gestion de la Biodiversité
**cf Actions de l'association Nunkui

Pour en savoir plus : http://www.mbgae.org/plantesmedicinales/-Presentation-.html

Publié dans Plantes médicinales

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Athénaïs 22/01/2010 16:22


le diplôme d'herboriste n'a pas été supprimé en 1945 mais en 1941!